Yves CLOT Ã Pau : "il faut soigner le travail".
Par banizette francois le vendredi, 20 novembre 2009, 11:19 - Actualités - Lien permanent

Ambiance studieuse en ce 19 novembre au matin où une quarantaine de professionnels (psychologues du travail, médecins et inspecteurs du travail, conseillers maintien en emploi des travailleurs handicapés, conseillers formation pour les entreprises, professeur en management) a profité d'un séminaire de très haute tenue animé par Yves CLOT sur le thème de la clinique de l'activité.
Etayé par des petits films, Yves CLOT, qui est titulaire de la Chaire de Psychologie du Travail au CNAM, s'est attaché à illustrer l'objet de ses recherches, particulièrement opérantes pour toutes celles et tous ceux qui sont attachés à ce qui fait METIER et aux critères de la qualité du travail.
L'après midi, ce sont 450 personnes qui ont assisté à sa conférence sur le thème du stress au travail.
Loin de toute victimisation, et résolument à contre courant de l'hyperbole médiatique, Yves CLOT s'est attaché à développer cette idée, qualifiée d'ailleurs "de bon sens" par l'une des participantes, que la meilleure prévention de la santé au travail, c'est encore "de faire autorité sur son travail".
Dans quelques jours, un petit film tentera d'illustrer les 3 idées forces de la conférence donnée par Yves CLOT.
D'ici là :
- deux photos, l'une du public et l'autre de l'estrade où l'on reconnaîtra bien sûr Yves CLOT, mais aussi Jean-Louis MAURIN, le directeur régional de l'AGEFOS/PME et Fernando CUEVAS, professeur de management à l'ESC Pau Béarn, qui furent, avec les CIBC du Sud Aquitaine, les chevilles ouvrières de cette rencontre manifestement très attendue,
- et une interview publiée dans Sud Ouest (édition du 18 novembre 2009 - voir en pièce jointe) de celui qui est aussi le directeur du Centre de Recherche sur le Travail et le Développement.

(de gauche à droite : Jean-Louis Maurin, François Banizette, Yves Clot, Fernando Cuevas)

Commentaires
Merci M. Clot pour ce retour sur la question de l’homme au travail, du stress au travail ! « Travail » au sens d’Activité de l’homme appliquée à la production, à la création, à l’entretien de qqch ; travail manuel opposé à travail intellectuel ? Ou encore ; instrument de torture, ou appareil servant à maintenir les grands animaux domestiques pendant qu’on les ferre, ou qu’on les soigne ? « Retrouver du pouvoir d’agir ! » Se regarder travailler, prendre de la distance pour une analyse clinique de l’activité ; Le sosie, l’explicitation, ou « Le métier au carré », « Retrouver la dimension de créativité dans le travail » ; Autant d’éléments posés sur la question du travail avec ou sans l’homme ?
Merci Monsieur Clot, d’être accessible et de n’être ni dans la spécialité de la critique savante ; ni dans le positivisme, ni dans l’ambiance dramatisée télévisuelle alarmiste présent.
Même s’il vous ai renvoyé ; que cela fait tant d’années que vous cherchez sur cette question de la place de l’homme (et de la femme) au travail, sans vraiment avoir proposer de recette ; Vous nous avez donné à entendre et à voir (le matin) des expériences ou l’opérateur, l'intérimaire, le compagnon, le chef des travaux, l’employeur trouve l’expression critique de sa pratique ; pouvoir se regarder travailler au travail, d’en parler, de confronter sa vision de son travail avec les collègues. C'est possible et rentable même, à condition que l’on donne le temps au travailleur de lever le nez de la machine. Dans cet arrêt sur image, c’est dans cette « dispute dialogique » « au sens médiéval du terme selon vous » que l’expression, la communication deviennent possible. En ce qui me concerne, je m’arrange avec l’idée de travailler tout en respectant l’organisation, ses injonctions, après tant de maltraitances ; j’arrive à re-prendre conscience que c’est en premier lieu, à moi, par moi que le respect viendra, tout en respectant les autres. Je m’arrange à trouver une sorte « d’équilibre » entre motivation, créativité, respiration, recherche, travail, production, comptabilité de mon activité et précarité. Mais surtout en premier lieu, j’apprends par la distanciation à la situation de travail, à être un meilleur compagnon pour moi-même. Merci
C’est grâce à des professionnels, chercheurs en psychologie du travail, comme Vous et ceux du Cibc, que je comprends comment la communication employé/employeur, la construction de sens au travail sont possibles, « qu’entre tache prescrite et activité réelle, la personne au travail produit le sens de son action, tout en étant productif » au risque parfois d’en perdre la santé, la raison, au pire la vie.
Coluche disait que : « le meilleur moyen d’enrayer l’hémorragie des accidents du travail, est sans doute d’arrêter de travailler ». C’est Balaise !
Bien à vous et merci M. Clot, ainsi qu’à l’équipe organisatrice du Cibc, Agefos de nous permettre d’accéder à ce tournant réflexif.
Un qui sait encore s’étonner quand il faut !