La VAE a 10 ans! Un nouveau témoignage des possibilités offertes par la loi sur la Validation des Acquis de l'Expérience.
Par banizette francois le mardi, 17 janvier 2012, 21:10 - Actualités - Lien permanent
La loi « de modernisation sociale » du 17 janvier 2002, et notamment ses articles 133 à 146, ont créé un droit à la validation des acquis de l’expérience. Il permet à toute personne d’accéder, sur la base d’une expérience professionnelle, salariée, non salariée ou bénévole d’au moins trois ans, à tout ou partie d’un diplôme ou,
plus généralement, d’une certification professionnelle.
Ces dispositions législatives concrétisent l’aboutissement d’une démarche qui prend place dans un processus plus large de réforme du système de formation professionnelle, initié en 1995 par Jacques Barrot, Ministre du travail et des affaires sociales, et poursuivi, à partir de 1998, par Nicole Péry, Secrétaire d’Etat aux droits des femmes et à la formation professionnelle.
Trois éléments du diagnostic porté sur le système de formation professionnelle au milieu des années 90 ont été déterminants dans l’émergence de la notion de validation des acquis de l’expérience, et plus généralement dans l’engagement d’un processus de réforme du système de formation professionnelle :
- La nécessité de sécuriser les parcours professionnels d’une population active faiblement diplômée;
- Le rôle majeur de la possession d’un diplôme pour l’insertion durable;
- La faible dimension qualifiante de la formation continue.
Le CIBC est Point Relais Conseil VAE depuis que la VAE existe. Le PRC/VAE est financé par le Conseil Régional d'Aquitaine.
En 10 ans, nous avons rencontré plusieurs milliers de candidats et chaque parcours est unique.
En ce jour anniversaire des 10 ans de la VAE, c'est à Monique LAGARDE que nous avons proposé de témoigner : Monique a validé, en décembre 2011, une licence professionnelle en génie électrique pour le bâtiment (Université d'Angers), et ce avec mention très bien.
Bonjour Monique,
Question 1 : Pourquoi avez-vous décidé de vous engager dans une Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) ?
Monique LAGARDE : Je venais d’être licenciée économique et j’ai demandé à Pôle Emploi de pouvoir bénéficier du dispositif VAE pour valider un diplôme d’enseignement supérieur dans ma spécialité, car je n’étais titulaire que d’un bac en génie électrique. Mes objectifs étaient les suivants :
- Obtenir une reconnaissance et une valorisation de mes compétences professionnelles;
- Mettre en adéquation mes expériences professionnelles et le diplôme;
- Evoluer dans l’exercice de mon métier;
- Ne plus avoir à faire mes preuves en termes de compétences lors d’un changement d’emploi;
- Conforter mon projet professionnel de création d’un bureau d’études techniques et cabinet d’expertise spécialisé en génie électrique.
Question 2 : Comment avez-vous fait pour choisir le diplôme visé?
Monique LAGARDE : J’ai assisté début 2010 à une réunion collective sur la VAE au CIBC. Ensuite, au cours d’un rendez-vous individuel avec une conseillère du CIBC, et après examen de mon CV et de mon parcours professionnel, nous avons recherché les établissements d’enseignement supérieur susceptibles de me permettre de valider un diplôme bac +3 en génie électrique. La seule Université qui convenait était l’Université d’Angers. Elle préparait à la licence professionnelle en génie électrique pour le bâtiment.
J’ai donc rempli mon livret 1 de recevabilité pour juin 2010. J’ai reçu la notification de recevabilité de mon livret 1 en septembre 2010 et j’ai élaboré mon livret 2, avec ses annexes, pour le 19 Octobre 2011.
Le 01 décembre 2011, à l’issue de mon entretien à Angers avec le jury, j’ai obtenu la validation totale du diplôme visé.
Question 3 : Aujourd’hui, comment jugez-vous le parcours accompli ?
Monique LAGARDE : La démarche VAE m'a permis :
- Une prise de recul sur mes expériences professionnelles, grâce à une description et une analyse approfondie des fonctions occupées;
- Un travail d'explicitation de mes compétences;
- Une reconnaissance professionnelle et une nouvelle dynamique en termes de perspectives.
J'envisage aujourd'hui :
- de créer mon entreprise de bureau d’études techniques à Pau, après avoir réactualisé mon étude de marché intégrant la crise économique que nous vivons actuellement.
- une inscription auprès du CNED pour une formation en droit pour expertises (capacité);
- la constitution d'un dossier de demande de recevabilité d’inscription au sein de la liste des experts techniques (mention génie électrique) auprès de la Cour d’Appel du Tribunal de Pau.
Si la création de mon entreprise s’avérait impossible (crise du bâtiment), et si je ne trouvais pas de travail dans la région, j’envisagerais une reprise d’études à l'ENSGTI de Pau ou à l’UPPA pour obtenir un Master 2.
Pour conclure, et aux personnes qui souhaitent s’engager dans une VAE, j’ai envie de dire :
- Ne vous trompez pas de diplôme;
- Ne vous découragez pas, persévérez et tenez compte des observations des personnes chargées de votre accompagnement;
- Conservez précieusement dans vos archives personnelles tous les documents et toutes les attestations illustrant vos évolutions durant votre parcours professionnel,car ils vous serviront à prouver que vous avez bien le niveau requis pour prétendre à la validation du diplôme visé.
La démarche de VAE est une expérience passionnante : on analyse sa propre évolution professionnelle et c'est très gratifiant lorsque l’on valide le diplôme recherché!
NDLR : Nos chaleureuses félicitations à Monique et nos sincères remerciements pour son témoignage. Et bien sûr, tous nos meilleurs voeux de réussite dans la mise en oeuvre de son projet professionnel!
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